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NICE

  • Photo du rédacteur: Noëlle Francois
    Noëlle Francois
  • 26 juin 2025
  • 6 min de lecture
Tortues à Nice

Ceux qui me connaissent le savent : Nice est ma deuxième maison.

 

Mais quiconque pense que le charme de cette ville se limite au bleu hypnotique de la Méditerranée se trompe. Nice est une ville vibrante d'âme, poétique dans ses façades anciennes, l'art à chaque coin de rue, l'histoire palpitante sous le soleil de la Côte d'Azur.

 

Ce coin élégant du sud de la France est le lieu où la culture rencontre la mer. Chaque promenade révèle un nouveau détail et, sur une charmante place, le temps semble ralentir.

J'aime Nice

 

Et bien que cet espace du site web soit consacré aux animaux incroyables qui croisent mon chemin à travers le monde, aujourd'hui, le protagoniste est un autre : l'océan et sa vie marine. Car, cette semaine, Nice accueille un événement crucial : la Conférence des Nations Unies sur les océans, qui réunit des représentants de plus de 120 pays pour un débat urgent sur l'avenir des mers. C'est magnifique de voir cette ville que j'aime tant devenir un centre d'espoir et de dialogue pour une planète plus bleue, plus dynamique et plus consciente.


Conférence des Nations Unies sur les océans

 

Je suis habituée au va-et-vient incessant des touristes et à la légèreté des matins qui s'ouvrent lentement parmi les étals du Marché Saleya, où les fruits, légumes et fleurs colorés se mêlent au chant entraînant des commerçants. Ici, les journées sont habituellement rythmées par la douce brise méditerranéenne. Mais cette fois, tout a changé, et non des moindres.

 

Soudain, le calme a cédé la place à une activité intense, presque chorégraphiée. Comme par magie – ou plutôt, par l'État – la ville a pris de nouveaux visages. Des policiers sont venus des quatre coins de la France, civils, militaires, en uniforme ou en civil, prenant position à chaque coin de rue, à des points stratégiques. Nice, toujours si ouverte, est désormais dotée de kilomètres de clôtures qui réorganisent la circulation, rendant la circulation incontrôlable.

 

Les voitures de police, avec leurs sirènes, brisent le bruit traditionnel des mouettes et des vagues. Le long des avenues du front de mer, le décor change : d’imposantes motos et leurs policiers défilent à toute vitesse, escortant les chefs d’État en route vers les conférences disséminées dans la ville. Nice est différente. Intense. Solennelle.

 

Hôtel Negresco

Monument incontournable de la Côte d'Azur, le luxueux Hôtel Negresco a accueilli l'ouverture de la conférence, accueillant pas moins de quatre-vingts dirigeants internationaux pour un dîner de gala. Sous les projecteurs et un dispositif de sécurité renforcé, les hôtes de la soirée, Emmanuel Macron et la Première Dame, Brigitte Macron, ont accueilli le monde entier sur la charmante Promenade des Anglais.


Inutile de préciser que le nombre de policiers lourdement armés était pour le moins obscène. La scène semblait tout droit sortie d'un film : barrières, barrages routiers, sirènes, hommes en noir, fusils à la main. Passer devant l'hôtel était devenu mission presque impossible, avec des regards méfiants. Mais bien sûr, je n'allais pas rater ça. Alors, je suis allé jeter un coup d'œil, discrètement mais résolument, quitte à être fouillé de la tête aux pieds.

 

Un détail de cette intrigue : mon appartement est pratiquement à côté du Negresco. Résultat ? Pour entrer ou sortir de ma rue, il faut une autorisation de la police. Mon logement est devenu un labyrinthe agrémenté de grillages, de voitures de police et d'observateurs vigilants. Une expérience urbaine digne d'un sommet international.

 

Lio Settini

Face à cette folie, voici une pause rafraîchissante pour les yeux : avec la maîtrise de ses pinceaux, l'artiste Lio Settini, éminent participant à cet événement, a transformé les trottoirs en œuvres d'art. Ses peintures de la vie marine, d'un réalisme fascinant, ressemblaient davantage à des photographies imprimées au sol.

 

Pour nous, simples mortels, les moments mémorables ne manquaient pas non plus. La ville se préparait à accueillir non seulement les grands noms de la politique mondiale, mais aussi un public curieux, passionné ou « simplement » enchanté par la mer.

 

À la tombée de la nuit, le ciel niçois s'est transformé en un spectacle fascinant : 2 025 drones ont dansé dans le ciel, dessinant des silhouettes de baleines, de méduses, de bancs de poissons et autres merveilles marines. Un ballet aérien de lumière et de technologie qui a émerveillé même les plus distraits.

Et par un après-midi ensoleillé, comme seul Nice peut en offrir, tous les regards se sont tournés vers la mer. Le cortège des « Merveilles de l'Océan » a traversé la baie dans un défilé de voiles, de mâts et d'élégance flottante. Un hommage poétique à la vie maritime, mêlé à la beauté du vent.


 

Dans un élan d'espoir et de vigilance, les écologistes ont envahi le rivage avec la « Marche bleue », une marche symbolique qui, par des affiches, des chants et une présence vibrante, a attiré l'attention de tous sur la crise urgente et silencieuse qui afflige les océans. Pour les plus engagés, des conférences et des conférences gratuites ont ouvert un espace de débat et d'apprentissage, tandis que, de l'autre côté des barrières, les dirigeants mondiaux discutaient de l'avenir de nos océans.

 

Un événement des Nations Unies dans mon jardin ? Bien sûr, je ne pouvais pas le manquer. J'ai immédiatement pris mon badge. Parce que vivre ce moment historique de près… c'est le genre de chose qu'on n'oublie jamais. Enfin, l'héritage de Paul Watson, pionnier intrépide de la défense des mers, prend un nouveau souffle. Fondateur de Sea Shepherd, il a mené des actions directes et audacieuses contre la chasse illégale à la baleine et la pêche prédatrice. Protéger les océans à tout prix n'est pas seulement sa devise, c'est sa pratique – une mission de vie qui continue d'inspirer les dirigeants, les militants et une nouvelle génération de défenseurs de l'environnement du monde entier.

 

Et jamais le combat n'a été aussi urgent. Nos océans sont confrontés à une crise silencieuse, mais profonde, et c'est précisément ce qui est à l'ordre du jour de la Conférence des Nations Unies ici à Nice. Les eaux qui recouvrent plus de 70 % de la planète sont saturées par des tonnes de plastique, de produits chimiques et d'eaux usées déversées sans contrôle. La vie marine, autrefois abondante, est désormais entourée de déchets et de menaces invisibles.

 

La surpêche, souvent illégale et non réglementée, vide les océans, compromettant des écosystèmes entiers et les moyens de subsistance de millions de personnes qui en dépendent. Parallèlement, le réchauffement climatique augmente la température des océans, entraînant le blanchissement des coraux, le déplacement des espèces et l'élévation du niveau de la mer. Comme si cela ne suffisait pas, l'excès de dioxyde de carbone dans l'atmosphère acidifie ces eaux, affectant profondément les coquillages, les coraux et de nombreuses autres formes de vie.


Pêche à Nice

 

La biodiversité marine est en chute libre. Des habitats vitaux tels que les récifs coralliens, les mangroves et les prairies sous-marines disparaissent sous nos yeux. Face à tout cela, une question fondamentale se pose : qui prend soin de l’océan ? Comment garantir à tous les pays, y compris les plus vulnérables, un accès équitable et durable à ses ressources ?

 

Récifs coralliens à Nice

Au cœur de cette destruction silencieuse se trouvent les véritables habitants des océans : poissons, baleines, dauphins, tortues et bien d’autres espèces marines paient le prix fort des choix humains. Empêtrés dans des filets de pêche jetés en haute mer, empoisonnés par les microplastiques qui envahissent leur corps, asphyxiés par les déchets toxiques et la pollution sonore, ils vivent – et meurent – dans un environnement de plus en plus hostile.

 

Les baleines, par exemple, voient leurs cris étouffés par le bruit incessant des navires et des sonars militaires, ce qui perturbe leurs routes migratoires et les sépare de leurs petits. Les dauphins et les phoques, naturellement curieux, s'approchent souvent des navires et finissent blessés ou tués ; les poissons sont capturés à grande échelle, souvent alors qu'ils sont encore jeunes, ce qui empêche la régénération de l'espèce. Même les récifs coralliens, qui abritent environ 25 % de la vie marine, disparaissent en raison de la hausse des températures, de l'acidification des mers et du tourisme prédateur.

 

Sans parler des produits de luxe et de la promesse d'aventures en haute mer : les croisières touristiques comptent parmi les principaux responsables. Elles déversent des tonnes d'eaux usées non traitées directement dans la mer, rejettent des gaz hautement polluants dans l'air et contribuent significativement à la dégradation de la vie marine et des écosystèmes côtiers fragiles.

 

La ville de Nice devient une scène internationale où l'avenir des océans – et de la planète – est débattu. Les dirigeants mondiaux se réunissent pour discuter de solutions concrètes, étendre les aires marines protégées, renforcer la coopération internationale et, surtout, rappeler au monde que sans un océan en bonne santé, il n'y a pas d'avenir.

 

La souffrance est réelle, elle est silencieuse. Et, souvent, elle est invisible. Par conséquent, discuter de l'avenir des océans, c'est avant tout parler de compassion, de justice et de respect pour toutes les formes de vie qui les peuplent.

 

 

 

Crédits photo :

Tortue – Geraldine Duke

Bateau de pêche – Eike Detmold

Coraux - Ellecamp

Autres photos – collection personnelle

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